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D’un extrême à l’autre

Raymond Viger

Raymond Viger est éditeur et rédacteur en chef du magazine Reflet de Société. D'abord intervenant de rue, il est devenu un acteur reconnu et apprécié par ses pairs pour ses préoccupations sociales et communautaires, particulièrement dans la fondation et la direction général du Journal de la Rue, du Café Graffiti, de Reflet de Société et Social Eyes, ainsi que plus récemment de l'organisme Survivre.
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D’un extrême à l’autre, une relativité à n’en plus finir

Un extrémiste est l’adhérent d’une doctrine politique, religieuse, économique ou autre, qui refuse d’envisager toute alternative ou toute nuance à ce qu’il croit être la vérité. Essayez de discuter avec un membre de Greenpeace et tentez de le convaincre que le pétrole est une énergie nécessaire. Inversez la position; tentez de convaincre les dirigeants de cette pétrolière que l’environnement a besoin d’être protégé ; que même si cela devait faire augmenter leurs dépenses, ça serait bénéfique pour la planète. Greenpeace, avec toutes ses actions de sabotage, est un groupe extrémiste aux yeux des pétrolières. Et celles-ci en sont un tout autant pour Greenpeace.

Union Carbide à Bhopal

Est-ce que la catastrophe de l’Union Carbide à Bhopal en Inde en 1984 peut être considérée comme de l’extrémisme économique? 40 tonnes de pesticides avaient été libérées, tuant un total de 25 000 Indiens et contaminant gravement plus de 300 000 personnes.

Pourtant, les problèmes ayant mené à ce désastre étaient connus depuis 1982 et avaient supposément été réglés. La dangerosité du pesticide aurait pu être éliminée, mais cela aurait augmenté son coût de fabrication. Union Carbide n’avait pas jugé important de le mentionner dans ses rapports de sécurité.

Le PDG de l’entreprise de l’époque a été accusé de mort par négligence pour cette catastrophe. Il a été déclaré fugitif par le chef judiciaire de Bhopal le 1er février 1992 pour ne pas s’être présenté devant la Cour lors du procès.

BP et le golfe du Mexique

En 2010, une plate-forme pétrolière de BP explose dans le golfe du Mexique. Il faudra 5 mois pour colmater la brèche. Près de 400 espèces animales seront menacées par cette catastrophe écologique sans précédent.

Par peur de faillir à combler les besoins énergétiques du pays, le gouvernement américain a fait des pressions pour favoriser le forage en eau très profonde, malgré que ce genre d’exploitation ait représenté un énorme défi technique non résolu et surtout non expérimenté.

Le MMS (Mineral Management Service) est l’agence fédérale américaine responsable de la gestion du pétrole dans le but de préserver l’environnement. Sous la pression du gouvernement, le MMS s’est montré moins exigeant en ce qui a trait aux études d’impact et au contrôle des procédures de sécurité. BP, exonérée de l’obligation de respecter la loi sur l’environnement, s’est lancée dans le forage le plus profond jamais tenté, soit 10 685 mètres à la verticale.

Qui est le vrai coupable de cette tragédie? Le gouvernement américain pour les pressions qu’il a exercées sur une institution supposément indépendante? Le MMS pour ne pas avoir mis ses culottes devant le gouvernement américain? Les actionnaires et administrateurs de BP pour avoir pris tous les moyens pour faire plus d’argent, sans se soucier des conséquences? Greenpeace pour ne pas avoir pris de moyens plus extrêmes pour protéger la planète?

Les grosses entreprises

Pétrolières, pharmaceutiques ou autres multinationales sont de grosses entités anonymes et impersonnelles. La majorité de leurs petits actionnaires, n’en possédant que quelques miettes, ne contrôlent rien. Les gros actionnaires, eux, sont là pour faire de gros coups d’argent en poussant l’entreprise à poser des gestes contestables, s’il le faut, mais qui rapporteront beaucoup. S’ils sont chanceux, les conséquences seront à la charge des prochains actionnaires. Même si leur pléiade d’avocats ne réussit pas à gagner leur cause devant les tribunaux, le poids financier des conséquences sera moindre que l’argent qu’ils auront encaissé. Et que dire de la classe administrative, ces gens payés à coups de millions grâce à des parachutes dorés ? Ils ne seront en poste que quelques années. Ils recevront d’énormes dividendes s’ils obtiennent de bons résultats, ou encore de «simples» gros dividendes s’ils ont engendré un moins bon rendement. Malgré les condamnations d’entreprises qui surviennent parfois, combien de leurs dirigeants ont été personnellement condamnés et se sont retrouvés en prison ?

Si les membres d’associations telles que Greenpeace doivent porter personnellement et collectivement la responsabilité de leurs actes, pourquoi n’est-ce pas le cas des actionnaires et des administrateurs de ces entreprises? Jusqu’où une multinationale peut-elle se rendre pour générer des profits ? Jusqu’où un extrémiste doit-il aller pour se faire entendre?

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