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Il était une fois un passionné de bois…

Delphine Caubet

Enthousiaste de nature, j’aime observer et étudier les événements de nos sociétés. Ce pour quoi mes études de science politique m’ont passionnée. Aujourd’hui, ce sont elles qui me conduisent à vouloir communiquer cet intérêt. J’espère, au travers de mes articles et de mes livres, toucher et intéresser les lecteurs sur des faits d’actualité, soit par la pertinence ou l’incongruité de l’information. Mes domaines de prédilections sont les enjeux sociaux, la politique, la religion et particulièrement lorsqu’ils se mélangent!
Delphine Caubet

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À l’image du célèbre conteur Charles Perrault, Gilles Perreault est un créateur de rêve. Lui n’a pas couché par écrit des histoires fantastiques, mais il a bâti de ses mains le Tamböa: un instrument de percussion 100% québécois né de l’imaginaire de cet ancien ébéniste.

Entre une vie de bohème et un goût prononcé pour la musique, Gilles a mis plusieurs années avant de créer son œuvre, la grande qui, il l’espère, lui survivra. Le Tamböa est une percussion munie de fentes d’une cinquantaine de centimètres. On en joue avec deux baguettes surmontées d’une boule en caoutchouc. Le son qu’il produit est velouté, doux et profond.

Conception

En tant qu’ébéniste, Gilles concevait à l’occasion des armoires, et lorsqu’il les posait vides dans les cuisines, elles se transformaient en caisses de résonnance. Quelque chose le titillait durant ces moments. Puisque le bois l’avait toujours passionné, il allait pendant 5 années effectuer des recherches sur les percussions et les différents bois.

«Mon idée de départ était de faire un genre de xylophone, alors j’ai commencé mes petites recherches. Un tambour à fentes aztèques, le Teponaztli, m’a également inspiré. Mais je voulais utiliser des bois indigènes du Québec. Le Canada est fier de sa nature, mais il utilise peu son bois pour les instruments de musique. Le plus souvent, le bois dont on se sert pour leur confection vient de forêts équatoriennes ou d’Afrique et ce sont des conflits qui permettent de l’importer.» Lui ne voulait pas participer à cela.

Après maints essais, Gilles arrive à un produit fini en 1998 et, comme il le raconte avec théâtralité, il a crié son «eurêka!». Il a eu la vision d’arriver là où son destin l’attendait, là où il pourrait vivre à travers ses deux passions: la musique et le bois.

Thérapeutique

Dès lors, Gilles Perreault l’ébéniste devient un facteur d’instrument qui peut vivre de sa passion. Aujourd’hui, son atelier est établi dans la Vallée-du-haut-Saint-Laurent et entre les semaines de fabrication, il court les salons pour promouvoir le Tamböa.

«Depuis 15 ans, je vais dans des salons de musicothérapie. Les intervenants travaillent dans des hôpitaux, en gériatrie ou auprès de personnes autistes. Le Tamböa leur plait, car il est très simple d’utilisation et mélodieux.» Chaque année, Gilles revoit les mêmes visages et bénéficie du suivi des intervenants.

Il raconte: «À Toronto, une intervenante travaillait avec un jeune autiste ; il était vraiment déconnecté du monde. Mais l’enfant s’est avéré doué et passionné pour le Tamböa. Comme l’intervenante ne pouvait pas demeurer proche de lui, elle a décidé d’acheter un deuxième instrument pour attirer l’attention de l’enfant. Quand elle a commencé, elle devait jouer à l’autre bout de la salle et au bout de 3 ans, ils ont pu se tenir côte à côte et jouer ensemble.»

«La qualité du Tamböa est sa facilité d’utilisation; il peut redonner confiance à qui en joue. C’est une expérience positive, c’est pour ça que les éducateurs et musicothérapeutes l’aiment. C’est un plaisir.»

Musiciens

Dans le milieu professionnel de la musique, Gilles dit être de plus en plus reconnu ; pendant 5 années, il a d’ailleurs exposé son travail dans un salon à Paris. «J’étais à côté de pianos à 100 000$, raconte-t-il. Mais les vieux musiciens et facteurs d’instruments me saluaient, car je faisais partie de la relève. C’était une reconnaissance, ça faisait du bien». Et avec amusement, il raconte comment Ubisoft a déjà intégré une musique jouée au Tamböa dans l’un de ses jeux vidéo.

La percussionniste Marise Demers joue du Tamböa depuis plus de 10 ans maintenant, et après avoir adopté l’instrument, la jeune femme a contacté Gilles pour obtenir de l’intégrer dans ses ateliers. «Et au final, j’ai acheté toute la gamme», plaisante-t-elle.

«J’aime son côté velouté, explique Marise. C’est une percussion mélodique (qui n’a qu’une seule note). Il a une résonnance particulière et est intuitif et original. C’est le fun d’en jouer à deux avec un enfant. Ça l’aide à développer son rythme par l’observation ». Loin d’être destiné uniquement aux enfants, le Tamböa est pour tous les âges et niveaux, la preuve en est l’album de Marise Demers consacré à l’instrument.

Remis en question?

Des histoires comme celle de l’enfant de Toronto, Gilles dit en avoir à foison et elles font sa fierté. Et lors de moments d’incertitude où la vie de facteur d’instruments devient trop lourde, elles le stimulent. Pour l’instant, Gilles n’a personne pour reprendre son atelier, alors il continue en pensant aux percussionnistes qui jouent du Tamböa.

Il est fier de ce qu’il propose au public. Pour 200$, un parent peut offrir un instrument québécois de qualité à son enfant, et non un produit Walmart qui se brisera d’ici quelques semaines. «C’est vrai que je pourrais faire assembler les instruments en Asie et les vendre avec une équipe marketing. Mais non, j’aime ce que je fais», conclut-il.

Pour découvrir et entendre le Tamböa, rendez-vous sur: goo.gl/9ZN6XP

Petite réflexion sur la musique

La musique est-elle réservée aux familles aisées pouvant offrir des cours à leurs enfants? Dans notre province, de nombreux organismes communautaires offrent des cours à prix modiques ou gratuits. Mais est-ce vraiment la seule alternative?

Pour éviter le coût de l’instrument et offrir une vision environnementaliste, des musiciens proposent aux enfants de s’exercer à partir d’objets du quotidien. Bureau, boite et même casserole trouvent ainsi une toute nouvelle vie.

La percussionniste Marise Demers présente des ateliers de percussion corporelle et de matériaux recyclés. Que ce soit dans les écoles, les fêtes de quartier ou autres, elle vulgarise ces disciplines. Elle explique: «Je crois beaucoup à la créativité et moins à la tradition. Les instruments recyclés sont toujours surprenants, ils sortent de la tradition. Avec des objets de chez soi, on peut interagir facilement. Les enfants aiment et font des blagues avec.» Tandis que Marise les incite à faire leurs propres instruments.

D’après la musicienne, la beauté des percussions est leur aspect intuitif, accessible avec peu de partitions. «J’aime l’infinité des possibilités.»

Pour les parents les plus créatifs, des livres et des sites internet sont dédiés à la fabrication artisanale d’instruments à partir d’objets du quotidien.

 

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