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L’éducation sexuelle de nos jeunes

Raymond Viger

Raymond Viger est éditeur et rédacteur en chef du magazine Reflet de Société. D'abord intervenant de rue, il est devenu un acteur reconnu et apprécié par ses pairs pour ses préoccupations sociales et communautaires, particulièrement dans la fondation et la direction général du Journal de la Rue, du Café Graffiti, de Reflet de Société et Social Eyes, ainsi que plus récemment de l'organisme Survivre.
Raymond Viger

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En 2005, le ministère de l’Éducation considérait que les cours de Formation professionnelle et sociale n’étaient plus adéquats et n’avaient plus leur place dans nos écoles. Le Ministère espérait, pour ne pas dire fantasmait sur l’idée que tout enseignant pouvait intervenir et être pertinent dans l’éducation sexuelle de nos enfants.

Soyons réalistes. On demande à un professeur de français que nos jeunes puissent écrire correctement. À un professeur de mathématiques que les élèves puissent compter adéquatement. Et on voudrait que l’éducation sexuelle fasse partie de leur tâche normale et régulière.

Ce que je remets en cause et qui me tracasse, c’est l’écart qui existe entre la volonté d’offrir une éducation sexuelle adéquate et la capacité des intervenants scolaires à l’assumer. Un livre scolaire parle de sexualité et le comité de parents monte aux barricades pour le faire bannir! Comment peut-on enseigner une matière et sensibiliser nos jeunes sur le sujet si on ne peut ni en parler ni leur offrir les outils nécessaires pour susciter le débat et la réflexion?

Contrairement à un sexologue, le professeur de français ou de mathématique n’a pas choisi et n’a pas été formé pour parler de sexualité à un jeune. Le comité de parent représente-t-il une autorité capable de définir la limite entre éducation sexuelle et pornographie? Il y a tout de même une grande nuance entre l’une et l’autre ! Le ministère de l’Éducation s’est-il débarrassé de son rôle d’autorité responsable de superviser le tout pour pelleter le problème dans la cour des autres?

Des gens, blessés dans leur sexualité par des agressions ou du harcèlement, peuvent se retrouver comme enseignants ou sur un comité de parents. La sexualité demeure un sujet tabou. En parler, c’est aussi accepter de déterrer ses propres blessures.

Parler de sexualité, c’est aussi être confronté à nos différences culturelles. Différentes religions s’imposent comme autorités dans la sexualité de leurs fidèles. Partout dans le monde, différentes cultures définissent leur sexualité différemment. Et aujourd’hui, dans la même classe, nous retrouvons des cultures et des religions différentes.

Pendant ce temps, le ministère de l’Éducation envoie au front ses enseignants pour qu’ils introduisent des notions de sexualité dans leur cours de français et de mathématique.

En décembre 2017, le vent tourne. La Fédération des comités de parents du Québec salue le retour de l’éducation à la sexualité obligatoire dans toutes les écoles du Québec. Intéressant. Très intéressant. Parce que trop souvent, des professeurs ont refusé des outils de discussion sur la sexualité… de peur que le comité de parents désapprouve la démarche. Trop souvent certains comités de parents frileux de parler de sexualité sont montés aux barricades contre des enseignants ou des intervenants voulant aborder le sujet.

On dit que les générations se comptent en multiples de cinq ans ; en calculant bien, entre 2005, année de l’abolition des cours de sexualité et 2017, année de leur retour, nous avons négligé collectivement deux générations et demie de jeunes.

Dans mes années de travail de rue, les deux sujets que les jeunes ont abordés le plus régulièrement avec moi ont été la sexualité et la spiritualité. C’est sur la rue que nous en parlions. C’est seulement sur la rue que ces jeunes trouvaient un lieu pour en parler. Parce que sur la rue il n’y a pas de comités de parents frileux envers l’éducation sexuelle. Parce que sur la rue il n’y a pas d’intervenants qui ont peur des comités de parents. Parce que sur la rue, c’est le jeune qui règne en maître. C’est le jeune qui détermine ses besoins. C’est le jeune qui aborde les sujets qu’il veut bien explorer. Le jeune règne sans partage. Et la sexualité, la spiritualité sont ses sujets de prédilection.

Doit-on attendre que nos jeunes se retrouvent à la rue pour parler de sexualité ?

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