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Libre, actif et risqué : voir le jeu avec des yeux d’enfant!

Julie Fortier

Responsable éditoriale pour Naître et grandir, Julie Fortier encadre l’équipe de rédaction dans la production de contenus sur les différentes plateformes : magazine, web, infolettre et réseaux sociaux. De par son travail, et en tant que mère de deux grands garçons, elle s’intéresse depuis plusieurs années aux enjeux liés à la parentalité et à la petite enfance.
Julie Fortier

Plusieurs parents sont nostalgiques du temps où « tout le monde jouait dehors, tout le temps». Ils déplorent que les enfants ne jouent plus autant qu’auparavant dans la rue, au parc ou dans la ruelle. Avec raison d’ailleurs, mais ne serions-nous pas, comme parents, en partie responsables de ce triste constat?

De peur qu’il ait un accident, se blesse ou même se fasse kidnapper, plusieurs parents préfèrent que leur enfant reste tranquille à l’intérieur. Pourtant, nombre d’experts l’affirment : la société d’aujourd’hui est beaucoup plus sécuritaire qu’autrefois.

Cette culture de l’hypersécurité et de l’hyperencadrement – ainsi que le rythme de vie moderne et le pouvoir attractif des écrans – ont fait en sorte que les enfants sont moins en contact avec le jeu libre à l’extérieur. Or, s’amuser librement dehors est très bénéfique pour le développement des enfants, constatent les experts de la petite enfance. C’est pour cette raison qu’ils incitent de plus en plus les parents – ainsi que les décideurs publics comme les municipalités – à faire davantage de place au jeu libre extérieur.

Quels bienfaits?

Par le jeu libre, les enfants apprennent notamment à mieux se connaître, à développer leur autonomie, leur confiance ainsi que leur créativité. Jouer librement dehors, c’est encore mieux : les enfants y seraient deux fois plus actifs qu’à l’intérieur! Les enfants aiment aussi naturellement prendre des risques, ce que permet le jeu libre à l’extérieur.

Toutefois, le risque, les parents aiment en général moins cela. Il faut malgré tout éviter de freiner un enfant qui a le goût de l’aventure. En effet, prendre des risques, c’est aussi bon pour son développement. Par exemple, lorsqu’un tout-petit grimpe sur une roche ou qu’il saute dans la boue, il teste ses limites et apprend à connaître ses capacités.

Risque et danger : deux mots différents

Le kinésiologue Bruno Durand conseille aux parents d’observer leur enfant plutôt que d’intervenir. Ils réaliseront ainsi les précautions que leur enfant adopte de lui-même et ils constateront qu’il prend généralement des risques à la hauteur de ses capacités. Il invite aussi les parents à faire la différence entre « risque » et « danger ».

« Un risque, c’est un défi que l’enfant décide de relever ou pas. Par exemple, sauter en bas d’une roche ou décider plutôt d’en redescendre à quatre pattes. Un danger, c’est quelque chose que l’enfant ne voit pas, comme un tuyau de métal qui dépasse d’une structure », explique Bruno Durand dans un dossier de Naître et grandir sur le jeu libre et actif.

Le rôle de l’adulte est donc de voir à ce qu’il n’y ait pas de danger autour de l’enfant, mais ensuite, il peut rester à l’écart pour le laisser explorer de lui-même tout en l’observant (et en résistant à la tentation d’en profiter pour consulter son téléphone… ).

Repenser les parcs pour offrir de vrais défis

Cette tendance à vouloir surprotéger les enfants se reflète aussi dans les modules de jeux qui ont été construits dans les parcs au cours des dernières années. Ils répondent plutôt au besoin de sécurité des parents, mais peu au besoin de stimulation des enfants.

Soumis à plusieurs normes, ces jeux offrent peu de défis physiques aux enfants qui s’en désintéressent rapidement. Ces derniers seraient plus actifs quand ils s’amusent avec des éléments de la nature ou avec des accessoires comme des ballons ou des cerceaux.

Les observations des experts à ce sujet ont d’ailleurs incité des municipalités qui devaient réaménager leurs parcs à privilégier des équipements favorisant le jeu libre et la prise de risque chez les enfants. C’est le cas notamment à Calgary et en banlieue de Vancouver. À Montréal, l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie a récemment annoncé la création d’aires de jeu encourageant les enfants à jouer librement.

Une dernière observation des experts sur le jeu libre extérieur et la prise de risque : il se peut qu’en jouant dehors, un enfant se fasse des bobos à l’occasion ou qu’il salisse ses vêtements. Ils sont unanimes : ce n’est pas très grave!

Références

Tout le monde dehors! : dossier sur le jeu libre extérieur, Naître et grandir

Des terrains de jeu pensés pour briser le cercle de la surprotection, Le Devoir

Richmond Made A Playground Risky, Huffpost

Rosemont–La Petite-Patrie veut favoriser le jeu libre dans ses parcs, Ici Radio-Canada

Lectures complémentaires

Jeu actif des enfants à l’extérieur: qu’en pensent les parents?, 100°

Jeu actif et jeu libre pour le développement de l’enfant, Table sur le mode de vie physiquement actif

Jeu extérieur des enfants : un outil pratique pour les intervenants, 100°

Jeu libre et risqué, Vifa

Qu’est-ce que le jeu libre et actif?, Association québécoise des CPE

Garderies en pleine nature: des effets positifs sur les enfants, Naître et grandir

On n’est pas fait en chocolat!, Naître et grandir

Il était une fois… des familles et des écrans : dossier, Naître et grandir

 

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