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Maman n’a plus de travail

Geneviève Doray

Geneviève Doray

Directrice chez Naître et grandir
Avide de réflexions sur la prévention de la pauvreté, les inégalités sociales et les enjeux de société liés à la famille, Geneviève Doray est dans son élément à la barre de l’équipe de Naître et grandir de la Fondation Lucie et André Chagnon. Elle se lève chaque matin animée du désir de contribuer à soutenir et valoriser les parents dans leur rôle afin que les enfants puissent avoir le meilleur départ dans la vie.
Geneviève Doray

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Le Régime québécois d’assurance parentale du Québec est un programme extraordinaire qui permet aux parents de passer environ un an avec leur bébé avant de retourner travailler. Chaque année, près de 130 000 parents s’absentent ainsi du travail pendant quelques semaines ou plusieurs mois pour l’arrivée d’un enfant.

Dans le magazine de mai-juin de Naître et grandir, je relatais dans mon éditorial le cas d’Élodie, une jeune femme dont le poste a été aboli pendant qu’elle était en congé parental. Au début, elle a cru qu’elle aurait au moins droit à l’assurance emploi, mais elle a réalisé à son grand dam que non.

En effet, les prestations d’assurance-emploi sont basées sur les 52 dernières semaines travaillées. Or, comme elle était à la maison pour s’occuper de son nourrisson, la nouvelle maman n’a pas suffisamment d’heures accumulées pour avoir droit au chômage. Une façon de faire tout aussi absurde qu’injuste pour les nouveaux parents, mais qui n’est toujours pas révisée. Cette situation est autant vécue par les parents du Québec recevant des prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) que par ceux des autres provinces recevant du «chômage» pour un congé de maternité ou un congé parental.

Plaintes à la hausse

Le cas de cette maman est loin d’être isolé, malheureusement. «Abolition de poste», «restructuration», «nouvelles tâches», etc. il n’est pas si rare que des femmes se retrouvent sans emploi pendant leur grossesse ou après la naissance de bébé, et ce, même si la loi québécoise est claire. En 2016, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail a ainsi reçu 833 plaintes déposées à la suite d’une grossesse, d’un congé de maternité ou d’un congé parental. Le nombre de plaintes a même bondi de 41% en 10 ans a constaté Radio-Canada. Et les chiffres sont sans doute bien en dessous de la réalité, car beaucoup de personnes, dont Élodie, ne portent pas plainte.

Perdre son emploi n’est jamais facile, mais quand ça arrive lorsqu’on vient de devenir père ou mère, ça devient un vrai cauchemar! À la suite de mon éditorial, plusieurs femmes m’ont d’ailleurs écrit ou ont réagi sur la page Facebook de Naître et grandir pour me raconter, souvent avec beaucoup d’émotions, la façon dont elles, ou leur conjoint, se sont retrouvés sans emploi pendant, juste avant ou quelques semaines après leur congé parental.

«J’anticipe la même chose à mon travail. Ce ne serait pas la première fois que l’entreprise où je travaille fait le coup pour une maman de retour de congé de maternité.»

Mélissa 

Imaginez le stress pour une famille de se retrouver sans revenu avec un jeune bébé sur les bras…

«Monoparentale avec 2 enfants. 8 mois sans revenu… Aucune aide. J’ai même écrit au bureau du premier ministre. Niet! Tu as juste le droit de crever à petit feu. Ça va me prendre 3-4 ans facile pour m’en relever…»

Sophie

En pénalisant celles qui perdent leur emploi, ça crée des situations dramatiques pour ces parents qui peuvent les plonger dans une précarité financière injuste.

«Ça m’est arrivé aussi quand j’ai eu ma fille. À 2 semaines avant de revenir travailler, j’ai su que j’étais mise à la porte parce que mon poste avait été aboli… Je n’ai pas eu droit au chômage et ça m’a pris 3 mois avant de me trouver un emploi… J’ai fait faillite et perdu ma maison »

Sonia

Il serait pourtant si simple pour le gouvernement fédéral de réviser la loi afin de permettre aux nouveaux parents de remonter deux ans en arrière pour calculer le nombre d’heures travaillées (c’est du reste permis pour les personnes qui reçoivent des prestations de la CNESST et pour les personnes fraîchement sorties de prison). Un recours juridique a d’ailleurs été entrepris par le Mouvement Action-Chômage de Montréal concernant l’inaccessibilité aux prestations de chômage à la suite d’une perte d’emploi durant le congé parental.

Les règles de chômage sont mûres pour une révision! N’est-il pas incroyable qu’en 2018, il faille encore se battre pour un droit aussi élémentaire que celui d’avoir un emploi et une famille? Il y a là matière à réflexion pour ceux qui croient que, dans une société aussi progressiste que la nôtre, tout est acquis.

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