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Un projet innovateur d’éducation aux médias

Depuis un an, une formation donnée par des journalistes professionnels dans les écoles secondaires fait fureur. Intitulée 30 secondes avant d’y croire, la formation a pour objectif de sensibiliser les jeunes aux fausses nouvelles. Mais même si elle s’adresse pour l’instant aux adolescent.es, la conscientisation aux fausses nouvelles concerne tout le monde.

L’éducation aux médias vise, par définition, « à développer les connaissances et les compétences des individus pour leur permettre d’utiliser avec discernement les médias de manière critique et créative tant dans la vie quotidienne que professionnelle. » C’est dans cette perspective que l’Agence Science-Presse ainsi que moi-même avons décidé de pousser plus loin la formation 30 secondes avant d’y croire, pour l’étendre sur huit semaines d’ateliers d’un peu plus d’une heure.

Inspirée par mes voyages professionnels des dernières années en France, où de nombreuses initiatives d’éducation aux médias sont bien instaurées dans les institutions scolaires, je trouvais que faire la même chose ici était plus que pertinent. Surtout à l’ère des fausses nouvelles, des médias numériques et de du fouillis sans filtre que peut parfois être Internet.

C’est avec l’Agence Science-Presse que nous avons donc travaillé pendant plus d’un an à développer un mini programme d’éducation aux médias qui, nous l’espérons, prendra de l’ampleur et sera éventuellement intégré au cursus scolaire des écoles à travers la province.

Un premier projet pilote

En partenariat avec la maison de la culture Hochelaga, qui agit comme coordonnatrice du projet et comme facilitatrice avec le milieu scolaire, une école d’Hochelaga-Maisonneuve a accepté d’être la première à tester ce court programme d’éducation aux médias. C’est ainsi que deux généreux professeurs, l’un de français et l’autre de science, ont accepté de me recevoir pour animer un groupe de 25 jeunes chaque semaine jusqu’en avril.

Après quelques séances théoriques sur les fausses nouvelles (comment et pourquoi elles existent, comment les discerner, etc.), les jeunes auront pour mission de déboulonner à leur tour une fausse nouvelle, avec comme objectif de présenter le résultat de leur démarche devant parents et amis. Sous forme de vidéo, de textes ou de podcasts, les différentes équipes de deux ou trois étudiant.es expliqueront comment elles sont arrivées à déconstruire un mythe scientifique. Tout au long des séances, les élèves auront appris les méthodes journalistiques pour déceler les fausses nouvelles et les décortiquer.

L’entourloupe des fausses nouvelles

Les jeunes comprennent d’emblée, les fausses nouvelles dont font partie les canulars humoristiques à l’instar d’un site comme Le Revoir. Ils saisissent aussi facilement le placement publicitaire que déploient les influenceurs sur les réseaux sociaux.

Cependant, certains jeunes croient dur comme fer aux théories du complot, notamment celle des Illuminati, une soi-disant société secrète qui dirigerait le monde, ayant comme signe distinctif un triangle au centre duquel se trouve un oeil.

Ou encore celle des reptiliens, qui implique que certains humains en position de pouvoir seraient en fait des extra-terrestres à tête de reptile venus sur la terre pour dominer le monde.

À 15, 16 ans, on aime croire en des choses différentes du système établi, en des théories qui vont à l’encontre de celles qu’on leur enseigne. À l’ère numérique, où de nombreuses informations de toutes sortes, vraies ou fausses, circulent en grand nombre partout sur la toile, ce phénomène a proliféré.

De nombreux adultes aussi croient à des théories farfelues, ou partagent des nouvelles sans vérifier leur véracité. C’est pourquoi le travail des journalistes est si important et qu’il est utile de l’expliquer à tous et à toutes. Une rupture de confiance entre les médias et la population s’est produite dans les dernières années (merci aux Trump de ce monde), aggravée par le phénomène endémique des fausses nouvelles. Celles-ci ne sont pas générées par des journalistes, mais compliquent néanmoins leur mission, car ils doivent la justifier et l’expliquer au public.

Le lectorat doit être rassuré et comprendre la probité du travail journalistique, lequel exclut par essence la production et la propagation des fausses nouvelles. Tout cela fait donc partie de l’éducation aux médias qui aujourd’hui semble plus pertinente que jamais pour l’ensemble de la population, sans discrimination, car tout le monde peut tomber dans le piège des fausses nouvelles.

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